Je ne connais pas de scène plus impressionnante que je puisse admirer comme si j'étais assis dans la loge royale d'un théâtre. Le décor s'étend à perte de vue et nous offre à voir douze, treize, parfois quatorze plans de montagne successifs que la lumière sculpte de façon toujours changeante entre le ciel et l'eau.

Je peux rester là des heures à rêver. Pas besoin de réserver ma place. Pas besoin d'attendre que le rideau se lève. Le spectacle est là, permanent, gratuit. On se sent peintre, metteur en scène, compositeur. Le lac raconte son histoire.

Des montagnes environnantes à l'île des Cygnes, de la baie de Talloires au canal Vassé, du bout du lac au pont des Amours, de la neige aux roseaux, d'Annecy-le-Vieux au Vieil Annecy, je peux entendre, voir, imaginer sur cette scène immense, un spectacle sans fin d'hier et d'aujourd'hui où l'histoire se raconte aussi longtemps que le théâtre est grandiose, aussi intensément que le décor m'inspire.

André Dussolier